Quand la PETA fait dans le gaming

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Cette fois-ci, je m’attaque à la PETA qui a pris un malin plaisir à détourner de célèbres franchises d’une célèbre marque de jeux vidéo. Et il se trouve que Nintendo est devenu le choucou des enragés de la PETA. La technique est assez simple, et seulement dans un seul cas que nous verrons, plutôt efficace. Il suffit tout simplement de prendre une franchise célèbre, connu et plébiscité par le plus grand nombre, reprendre les principes et mécaniques du jeu tout en détournant le but initial pour amplifier le contenu du message. Et les trois célèbres franchises ne sont autres que Super Mario Bros, Cooking Mama et Pokémon. Le choix des deux derniers par la PETA semblent amplement évident. Moins pour Mario.

Super Mario Bros

A l’occasion de la sortie du jeu Super Mario 3D Land sur la 3DS, la PETA refonte l’image du plombier moustachu pour en le peindre en un monstre sanguinaire obsédé par la fourrure. Dans le jeu initial, un déguisement de tanooki permet à Mario de se transformer en cet animal imaginaire issu du folklore japonais. En outre, la créature est souvent confondu avec le raton laveur. On fait vite le lien entre le déguisement et le héros qui n’hésite pas à dépecer des animaux vivants pour récupérer leur fourrure et se confectionner des vêtements. Le jeu flash, disponible comme tous les autres sur le site de la PETA, consiste à aider l’animal scalpé à récupérer sa fourrure en pourchassant Mario.

Une opération de communication tiré par les cheveux mais qui pourtant attise la curiosité aussi bien des gamers que des casual gamers puisqu’elle reprend une mascotte bien connue et propose un jeu d’une simplicité extrême pour faire passer son message.

Cooking Mama

Ah Cooking Mama… Je ne vais pas partager mon point de vue sur ce qu’évoque ce jeu pour moi. Le concept du jeu est très clair : il faut mettre la main à la pâte pour réussir les recettes qui vous sont suggérées.

PETA a évidemment mis son grain de sel et s’est approprié le jeu en l’intitulant « Cooking Mama – Mama kills animals » afin de faire l’apologie du véganisme. Le ton est donné… La critique faite à ce jeu : proposer des recettes à base de viande. Rien que ça… Toutefois, le jeu version PETA a été mieux pensé pour que le message soit plus efficace. Dans la version Nintendo, les ingrédients sont déjà fournis, un peu comme lorsqu’on fait nos courses au supermarché. Dans la version PETA, le thème de Thanksgiving a été retenu pour amplifier l’horreur de la consommation de la viande d’animaux. Ainsi, le joueur doit lui-même trancher le cou de la dinde (et le plus vite possible avant le temps imparti), la vider de ses organes et la farcir allègrement à travers le regard de folle furieuse de Mama. Et là, on peut (cela dépend de chacun évidemment) ressentir comme un malaise. Mais justement, tout est fait pour que le joueur se sente ronger par la culpabilité dans l’accomplissement d’une tâche dont l’horreur et l’angoisse de l’exécution lui est épargné par des industries spécialisées. Le message est d’autant plus vivace quand PETA reprend les codes du jeu vidéo : avec un temps très limité pour accomplir le plus rapidement possible la tâche qui nous est confiée avant de passer au niveau suivant (et là on repense à l’égorgement de la dinde). Et là, PETA se retrouve dans une position sadique.

Une fois que nos méfaits carnivores accomplis, une version « vegan » est débloqué. Tout est bien qui finit bien dans le monde magique de PETA.

Because of you, Mama loves animals

Pokémon : Gotta free ’em all

On y vient enfin. Pokémon est de loin ma franchise Nintendo préférée. Et je dois avouer que je n’étais pas fâché d’apprendre que la PETA a exploité l’image de la franchise pour véhiculer son message, d’autant plus que l’intrigue des derniers nés de la franchise (Pokémon Noir et Blanc ainsi que leurs suites respectives) constituait une parfaite rampe de lancement pour l’ONG. Au contraire, j’étais même très curieux de connaître le mode opératoire qu’elle avait adopté.

Pokémon PETA

Il faut l’admettre, la PETA a parfaitement repris les codes du jeu et l’intrigue de Pokémon Noir et Blanc. Pour rappel, dans les deux opus mentionnés, il est question d’un mystérieux jeune homme appelé N qui aspire à libérer les Pokémon du joug de leurs dresseurs (il faut bien l’accorder, cela remet complètement en question le principe même du jeu, à savoir, tous les capturez). Dans ce détournement made in PETA, on suit Pikachu dans une nouvelle aventure. Après avoir fui Sacha (son dresseur), la souris électrique est en mission d’évangélisation auprès des dresseurs qu’il rencontre. Le message (martelé tout au long du jeu) : les Pokémon sont heureux libre et ont leur propre raison d’exister (comprendre là que les animaux ne sont pas là pour habiller ou nourrir les humains et qu’ils existent pour d’autres raisons que celles mentionnées juste avant). Un message très fort qui a le mérite de faire réfléchir pour peu qu’on s’y intéresse au-delà du divertissement que propose le jeu. On peut tout de même regretté la reddition trop rapide des opposants à cette philosophie de vie et surtout le caractère explicitement violent des combats entre les Pokémon et les humains pour amplifier la portée du message.

Mais bon, apparemment c’est un jeu, pas un débat… Un autre point qui a le mérite d’être souligné et qui a fait de cet outil de propagande un moyen crédible et plutôt efficace de persuasion, c’est sa capacité à se distancer quelque peu du sérieux du message par l’auto-dérision. En effet, le jeu souligne à son avantage le retournement de situation du vrai jeu et insère également le célébrissime mème « I herd u like Mudkipz ».

Plot Twist

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